A PROPOS DE MOI


Si l’on sait exactement ce que l’on va faire
A quoi bon le faire.

Pablo Picasso

Peintre Normand /Illustrateur

Richard Routin


“S’échapper et extirper du fond de vos entrailles cet êtres animal, passionnel, accompagné de son trop plein d’émotions refoulées et lui donner enfin une raison d’être, lui donner le pouvoir de s’exprimer, le nourrir constamment, jusqu’à ce qu’il vous envahisse”

Chacun à sa manière d’appréhender l’art. En ce qui me concerne, et si je remonte à mes plus lointains souvenirs d’enfance elle fut sans l’ombre d’un doute toujours motivée par une insatiable recherche de liberté. Cette absence d’entrave que seul le dessin et la peinture m’ont toujours offert.

Progressivement supprimer un à un ces éléments que je qualifierais de « perturbateurs », et qui vous relie à la réalité, à cet angoisse viscérale de mal faire, de ne pas plaire, de décevoir. S’échapper et extirper du fond de vos entrailles cet êtres animal, passionnel, accompagné de son trop plein d’émotions refoulées et lui donner enfin une raison d’être, lui donner le pouvoir de s’exprimer, le nourrir constamment, jusqu’à ce qu’il vous envahisse.

Voilà peut-être pourquoi le dessin, la peinture, furent toujours une nécessité pour l’être névrosé que je serais sans doute devenu sans l’apport de cette réelle bouffée d’oxygène. Voilà aussi pourquoi  je n’ai pas le souvenir de moment, aussi loin que peut remonter ma mémoire, de moment où j’ai posé mes crayons et mes pinceaux.

Plus ou moins guéri de cette peur, je suis aujourd’hui dans une toute autre démarche. Celle de l’échange, celle d’exhiber cette sensibilité, celle de se dévoiler. Peut-être est-ce prétentieux, qui ne l’est pas ? Peut-être est-ce présomptueux mais l’idée même de procurer des émotions au plus grand nombre, de s’exposer ainsi demeure une sensation si enivrante qu’il me parait difficile d’en faire l’économie.

Pas d’école d’art. Minot je ne souhaitais pas me laisser enfermer dans un une sorte de carcan que je ne ressentais pas, à l’époque, réellement constructif, dans une démarche d’autodidacte puriste que je revendiquais. Peu importe…. le travail et la passion m’ont permis d’explorer mes propres chemins et de faire mes propres erreurs.

Mais pourquoi le cheval, me direz-vous ? Eh bien je parlerais de rencontre. Tout d’abord avec ma femme, cet être merveilleux et passionné, qui partage avec le cheval ce même lien que je partage avec la peinture. J’ai à ces cotés vouée une passion véritable pour ce curieux quadrupède.  Ce lien inextricable de liberté et de ne plus faire qu’un avec l’animal. Ce lien ou l’humain deviens instinctif, devient animal, et ou l’animal devient humain en dévoilant petit à petit des émotions que l’on pourrait croire propre à l’homme.

 

Une rencontre avec ces deux êtres énigmatiques que sont nos deux chevaux. source d’inspiration et d’introspection.

Rencontre ancienne avec Phidias, Géricault, Degas, David, Picasso… De ces impressions multiples qui nous assaillent en les découvrant et redécouvrant.

Des grands maîtres de l’équitation moderne, de magiciens tels que Bartabas qui m’ont fait rêver et montrer combien ce lien entre l’art et le cheval existait, combien la frontière entre ces deux mondes s’entrelaçait et devenait aussi tenu que le fil d’un trait.

Je ne souhaite ni m’enfermer, ni devenir esclave de l’art équin mais nul doute que le chemin sera  très long avant que j’en ai découvert chaque recoin. Chemin d’une vie, ou pas, je l’ignore encore.